Au sommaire du n°10 
  • B.B. KING
  • MICK TAYLOR
  • REVEREND GARY DAVIS
  • JOHNNY ADAMS
  • L'ENREGISTREMENTEN STUDIO

 


L'enregistrement en studio

par Franck Ash  
Si tous les studios du monde diffèrent par le prix, le matériel et par les ingénieurs du son, c'est là que les musiciens enregistrent leurs disques. Et Si le temps qu'ils y passent est très variable (de quelques jours à plusieurs mois) l'enregistrement procède par étapes. C'est dans la régie où travaille l'ingénieur du son, si précieux aux musiciens, que la bande s'enregistre.

Chaque instrument est relié à une ou plusieurs tranches (pistes) sur la console par l'intermédiaire d'un micro ou encore en direct, sachant qu'une batterie prend entre 8 et 12 tranches sur la console, il est plus confortable de disposer au minimum d'une console 24 pistes pour faire un album sérieux sans perdre trop de temps. Plus il y aura d'instruments à enregistrer, plus la console devra offrir de pistes, sachant qu'il faut disposer de pistes libres pour refaire des enregistrements. Il est bon, en effet, d'avoir au moins 2 versions de voix ou de guitare pour choisir ensuite. Il existe des consoles offrant jusqu'à 96 pistes auxquelles on peut d'ailleurs ajouter une console supplémentaire. Autour de la console se trouvent les périphériques, qui sont toutes les machines qui travaillent le son. Toutes les dizaines de reverb, delay, échantillonneurs, compression, noise gate, égalisateurs (EQ) qui entrent dans la console. Ces périphériques peuvent se piloter à la source mais aussi à partir de la console, On ne fait pas un bon disque sans un minimum incontournable de périphériques même si l'on ne se sert que d'une partie infime des performances qu'ils offrent. Enfin, le support de la musique enregistrée est le magnétophone à bande digitale ou numérique (format K7 vidéo) ou à bande analogique (grosse bobine). On a toujours dit que l'analogique était plus chaud mais moins précis que la numérique, laissons ce débat à ceux qui veulent l'alimenter. Ajoutons pour finir que la qualité de la console intervient qualitative-ment dans la production d'un album, c'est une autre grande différence entre les studios.

Nous pouvons maintenant entrer dans le studio ou jouent les musiciens. Trois options sont possibles: le «direct ou live total» Tous les musiciens jouent le morceau ensemble, chaque partie y compris le chant et les solos sont enregistrés simultanément. Le morceau est joué comme en concert. L'avantage de cette option est la restitution du côté vivant de la musique, le morceau peut déborder de se trame initiale s'il se passe quelque chose d'intéressant. Le «direct ou live partiel» : On part du principe que le chant et les solos seront joués après l'enregistrement de la rythmique afin de mettre l'accent sur la qualité de chacune des parties. Les musiciens jouent alors ensemble le morceau en suivant sa structure définie à l'avance. Ce procédé est le plus sûr pour les morceaux les moins improvisés. La troisième option est d'enregistrer des musiciens qui n'ont pas besoin de se rencontrer, chacun jouant séparément sa partie.

Pour enregistrer en direct ou en direct partiel, le studio doit être assez grand pour isoler chaque musicien ou dans une cabine adaptée à son instrument ou avec un système de cloisons amovibles de manière à ce qu’aucun son d'un instrument n'aille effleurer la sensibilité du ou des micros destinés à prendre le son d'un autre instrument. C'est pour cette raison que les musiciens en studio s'entendent à travers un casque. Tous les musiciens doivent pouvoir se voir. En privilégiant l'option du direct ou live partiel, une étape supplémentaire est nécessaire : jouer les parties manquantes sur les pistes libres de la bande, cela s'appelle le re-recording (re-re dans le jargon). Cette technique n'est pas nouvelle, Sydney Bechett l'a inaugurée avec les moyens de l'époque lors d'une séance en avril 1941 !

Cette manière de travailler est précieuse car elle permet de refaire une par-tie vocale ou instrumentale autant de fois que l'on veut sur une même piste ou autant de fois qu'il reste de pistes libres, Il faut cependant savoir s'arrêter de refaire en chaîne une même partie car faute de l'écrire une fois pour toute les musiciens sont rarement satisfaits à 100% de ce qu'ils laissent sur la bande. Nous sommes donc loin de l'époque où l'on plaçait les musiciens dans une pièce en fonction du seul micro accroché au plafond, aujourd'hui tout est possible en studio.

Pour la musique qui nous intéresse ici, les musiciens enregistrent ensemble et jouent chacun d'un instrument et comme sur un plateau de cinéma lorsque l'on entend «ça tourne» même si on peut recommencer encore et encore les premières prises sont toujours les meilleures et les musiciens doivent se concentrer sur la qualité de ce qu'ils laissent à vie sur la bande. Il y a là une grande pression psychologique dont nous parlerons dans un prochain numéro. Nous évoquerons également 2 étapes très importantes : le mixage et le mastering...

  

Franck Ash