Au sommaire du n°22

  • Saga
  • "Le British Blues,
    Boom des 60's" (2° partie)
  • Dossier
  • L'arrivée du Blues en France
    (fin)
  • BB KING Conférence de Presse
  • BILL PERRY Interview
  • NINA VAN HORN Interview
  • BRUCE IGLAUER Conversation
  • ALLIGATOR  a 30 ans
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Edito

Le vieux lion de Clarksdale nous a quitté par un beau soir d'été, sur la pointe des pieds. Il s'est endormi doucement, après avoir joué un dernier boogie, pour ne plus jamais se réveiller.
John Lee Hooker emporte avec lui, un peu de l'âge d'or du Blues, mais aussi, toute une époque qui souhaitons le, ne reviendra jamais. Cette époque, c'est celle de la ségrégation et d'un labeur harassant, fait pour gagner sa vie à la perdre et crever de faim. C'est celle de l'Amérique des années d'avant guerre et de l'immédiat après guerre, de la grande dépression, de la misère régnant autour des grandes plantations de coton, des lynchages, du racisme et de la violence au quotidien, du Blues, seul dérivatif pour la communauté noire à cette vie de misère. C'est d'ailleurs pour échapper à celle-ci, que très jeune, John Lee décidera de devenir musicien.
Homme de paradoxes, "The Boogie Man" unira beaucoup de choses qui pourraient sembler contradictoires. De tous les Bluesmen connus, il était un de ceux dont la musique est la plus rudimentaire, et la plus proche de la musique africaine. Il sera néanmoins l'une des grandes sources d'inspiration du British Blues Boom, et des Rockers blancs. A tel point, qu'ils relanceront sa carrière par deux fois, en 1970 et en 1989. Tous très fiers de lui rendre hommage et de travailler avec lui. Quasi-analphabète (beaucoup de nos "zélites" devraient méditer sur son cas…), il entre dans l'histoire de la musique sur la plus haute marche, grâce à l'intelligence du cœur, à sa sensibilité, à son bon sens paysan, et à son flair hors pair.
Grâce à lui et à quelques autres, le Blues a perduré tout au long du vingtième siècle. Certes il était l'un des tout derniers géants (reste avec nous B.B !!!), et il ne sera jamais remplacé. Mais la Blues vit toujours, et a su évoluer avec la société. Bien mieux, phénomène local il y a un siècle, le Blues a essaimé sa mélancolie et son humour dans le monde entier.
Le Blues ne mourra jamais, il l'avait très bien compris quand il disait : " Tant qu'il y aura des femmes et des hommes, le Blues existera".
Adieu "The Healer", nous n'oublierons jamais le bonheur que tu nous as accordé, et ta musique restera à jamais sur terre et dans nos cœurs. Tu peux te reposer en paix, et faire de nouveau le bœuf avec tes amis enfin retrouvés : Muddy, Luther, Jimi, T.Bone, Stevie Ray et bien d'autres encore, que tu viens de rejoindre au paradis des Bluesmen.
Après un court hommage dans ce numéro, une saga consacrée à John Lee Hooker, verra le jour dans le prochain.
Pour ce qui est de ce numéro de rentrée, vous allez pouvoir dévorer le dernier volet du dossier consacré à l'arrivée du Blues en France, et la deuxième partie de la saga portant sur le British Blues Boom.
Ne manquez surtout pas non plus, de vous replonger, bien calé dans votre fauteuil, dans l'ambiance chaude et décontractée de vos festivals d'été. Comment ?. Il pleut, il fait froid, votre percepteur vous martyrise, et de ce fait, vous avez un peu de mal à vous remettre "dans le bain" de ce qui vous paraît aujourd'hui, appartenir au domaine du rêve ?. "Hellhound on my trail", vous répétez-vous inlassablement…
 
A bientôt, bonne rentrée, et surtout beaucoup de Blues dans vos cages à miel !!!.

Patrick Guillemin