Au sommaire du n°23

  • Saga
    Hommage au Boogieman
  • Dossier

  • Un siècle de Blues à Memphis
  • Stone Alone
    Entretien avec Bill Wyman
  • Big Bill Morganfield
    Tel père, tel fils
couv23.jpg (20994 octets)

 


Edito

Vous vous apprêtez à passer de très dures fêtes, durant lesquelles il va vous falloir faire cohabiter désirs légitimes d'excès culinaires, petites nuits et surcroît de travail pour beaucoup d'entre vous. A moins que vous n'ayez eu la sagesse de prendre quelques jours de congés, pour "amortir" tout cela. Dans tous les cas de figure, je peux vous l'assurer, lire Blues Magazine et écouter du Blues ne peuvent être que de très bons remèdes à la "dureté" ambiante…

Toute l'équipe de Blues Magazine se joints d'ailleurs à moi pour vous souhaiter d'excellentes fêtes de fin d'année, ainsi que nos "Veilleurs Moeux" pour 2002.

Et pour bien commencer l'année, deux nouveaux "Blues Writers", Fabienne Lenglet et Christian Casoni, vont vous emmener à Memphis et rendre hommage au regretté John Lee Hooker.

Au moment ou j'écris ces lignes, l'un de ceux dont la musique aura marqué le XX ème siècle, vient de s'éteindre prématurément, et nous tenons tous à lui rendre hommage, bien qu'aucun Blues ne soit jamais sorti de sa guitare. Nous savions depuis vingt ans que les Beatles ne se reformeraient jamais. Jeudi 29 novembre 2001, Georges Harrison, le Beatles mystique, à rejoint John le rebelle, "and my guitar gently weeps".

A quoi servons-nous donc ?.

Tel est en substance la question que je me suis posée après moult discussions, l'été dernier. A en entendre certains, le Blues et le Jazz sont morts. Selon eux, pas de nouveau Charlie Parker ou Muddy Waters pointant à l'horizon, et tout ce qui se fait actuellement à un goût de déjà vu.

Je veux bien concéder à mes interlocuteurs qu'il n'y aura probablement plus de géants tels ceux que je viens de citer plus haut. Je concède aussi qu'actuellement, les jeunes musiciens ne font au mieux, que reprendre ce qu'ont fait les anciens en y apportant leur griffe personnelle, ce qui après tout, n'est déjà pas si mal. Mais toutefois, à mon avis, ces musiques sont loin d'être mortes, puisque depuis plus d'un siècle, elles se perpétuent, et que régulièrement, de nouveaux musiciens viennent relever le défi de la régénération. Par contre, il est aussi clair pour moi, que ces musiques ont passé leur âge d'or. Elles n'ont plus ni l'une ni l'autre l'assise sociale qui était la leur il y a seulement une quarantaine d'années, et les circonstances qui les ont vus naître, ont heureusement disparues.

Alors, que faisons-nous ?.

Devons-nous pour autant déclarer que ces musiques ont totalement sombré, et nous réfugier dans le culte d'un éden qui ne reviendra sans doute jamais ?. Devons nous faire fi des nombreux jeunes et talentueux musiciens prêt à reprendre le flambeau, sous prétexte qu'ils n'ont pas le "calibre" de leurs glorieux aînés ?. Sommes-nous là pour défendre et faire vivre ce que nous aimons ou pour l'enterrer ?. Si cela est le cas, arrêtons tout de suite d'écrire, et faisons autre chose…

En ce qui me concerne, j'opte résolument pour défendre et faire vivre ce que nous aimons, en partant du principe que le présent se bâtit à partir du passé, et conditionne le futur. Je suis prêt à défendre très haut les couleurs d'un Popa Chubby, sans conteste l'un des meilleurs de sa génération, pour permettre aux jeunes de croiser un jour John Lee Hooker ou Robert Johnson.

J'estime qu'il est de notre devoir de repérer les jeunes talents, et d'essayer de les faire connaître au plus grand nombre. Sans cela, c'est effectivement à un enterrement que nous assisterons, et nous en serons en grande partie responsable.

Je précise que mes propos n'engagent que leur auteur, que je n'attaque personne, mais que je réfléchis à haute voix, ou plutôt écriture, sur notre rôle et l'avenir des musiques que nous aimons.

Gardons le Blues vivant !!!

Patrick Guillemin