Au sommaire du n°25

  • Saga Buddy Guy
  • Dossier
    The Chicago Blues Enterprises
  • Interviews
    Buddy Guy
    Philip Walker
    Jack Bruce
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Edito

C'est par un beau matin de novembre 2001, que j'ai rencontré celui qui avec B.B King, est bien le dernier des géants du Blues encore en vie.

Avant cette rencontre, j'étais comme bien souvent, tout à la fois impatient et curieux, mais aussi un peu anxieux. En effet, depuis la première fois que j'ai vu ce musicien sur scène, je n'ai cessé de me poser des questions. Et comment ne pas s'en poser, quand on a à faire à un homme, qui après plus de quarante ans de carrière et la création du "West Side Sound" à son actif, est encore capable de sortir "LE" disque de Blues dont la splendeur et l'innovation met tout le monde d'accord. Celui dont les interviews m'ont toujours paru émaner d'un homme calme, posé, réfléchi, humble, à l'intelligence vive, et sans amertume ni rancœur vis à vis des Clapton, Hendrix, et autre Stevie Ray Vaughan, qui s'étant fortement inspiré de son jeu de guitare, ont vendu des millions de disques et tourné dans les plus grands stades, quand lui est toujours en retrait de cet afflux de popularité. Malgré cela, ce grand musicien est aussi celui des performances scéniques très inégales, alternant le bon (exceptionnellement) et le très moyen (le plus souvent), qui finit rarement le morceau qu'il a commencé, et qui répète inlassablement, au fil des années, les mêmes mimiques qui semblent autant de frustrations intériorisées.

Buddy Guy, puisqu'il s'agit bien de lui, est pourtant l'homme de ces paradoxes, et ce que j'avais beaucoup de mal à concevoir avant ce 15 novembre 2001, est tout à fait exact. Cette interview, dont vous allez pouvoir vous délecter dans quelques pages, restera un des moments phare de ma vie de "Blues fan", et c'est un très grand "Gentleman" qu'il m'a été donné de rencontrer ce jour là. Je ne l'oublierai jamais.

De Buddy Guy à Chicago, il n'y a qu'un pas que nous allons franchir allègrement, et ce, l'espace de quelques numéros que nous allons consacrer à la ville qui fut la "Mecque" du Blues, et à quelques uns de ses principaux musiciens.

Tout à été dit ou presque sur Chicago, et le présent, comme l'avenir du Blues, n'appartiennent plus à cette ville mythique, qui fut pendant longtemps l'un des phares de la musique noire-américaine. Si nous nous sommes décidés à relever le défi du sujet concernant le Blues qui s'y est joué, et s'y joue encore, c'est qu'un certain nombre d'anniversaires ou d'opportunités nous sont apparus. Ils nous a donc semblé que le moment était venu, d'essayer d'apporter enfin, notre modeste pierre à cet immense édifice. C'est de tout cœur que j'espère que nous saurons, une fois de plus, vous faire partager notre passion, alors que tant de "glorieuses plumes" sont passées avant les nôtres.

Avec l'interview de Buddy Guy, vous allez pouvoir consommer la "saga" que lui a consacré l'homme qui écrit plus vite que son ombre au sein de notre rédaction, j'ai nommé Christian Casoni. Enfin, notre bienveillant barman de service, Daniel, dont je sais que les cocktails font merveilles dans vos soirées mondaines, va attaquer notre série de dossier sur la "Windy City", avec son style toujours aussi percutant et détaillé. Et avant d'aller vous mettre les "arpions" dans l'eau du bain, ou de vous livrer a votre sport favori, la dégustation du "pastagua", ne manquez pas les interviews de Philip Walker ou d'un rescapé des glorieuses Sixtie's, Jack Bruce lui même, personnellement en personne…

Bonne vacances à tous.

Patrick Guillemin