Au sommaire du n°27

  • Saga d'un roi du Blues
  • Howlin' Wolf
     
  • Dossier
  • Le Chicago Blues des années vingt et trente
     
  • Interviews
  • Hubert Sumlin
    Sue Foley
    Mel Brown
  • Jeu Concours
  • Gagnez le DVD de Popa Chubby
couv27.jpg (18739 octets)

 


Edito

Avec l'année 2003 qui commence, nous amorçons un virage important qui je l'espère, saura vous plaire. En effet, Blues Magazine change de format…et grandit.

Pourquoi ce changement ?

Ils nous a semblé qu'étant donné le nombre important d'articles à faire figurer dans le magazine, il fallait plus de place à ceux-ci, afin que la lisibilité et l'aération soient meilleures. Nous pensons aussi, que les illustrations seront ainsi plus agréable à regarder, parce que plus grandes et moins tassées.

Souhaitant toutefois garder notre touche d'originalité, nous nous sommes bien gardés de passer en format A4 standard.

Nous espérons tous que vous ne serez pas trop désorientés par ce nouveau format, et passé les premiers instants de surprise, qu'il vous sera plaisant à feuilleter et à lire, comme par le passé. N'hésitez pas a nous faire savoir votre avis par courrier, ou par le biais de notre site internet.

Du crépuscule des dieux…

Triste spectacle que celui qu'il m'a été donné de voir l'été dernier. En très peu de temps, j'ai eu l'occasion d'aller écouter trois géants du Blues, dont les prestations confinaient à la fin de règne, et à la tristesse pure et simple. Comment ne pas ressentir de vague à l'âme en effet, lorsque tour à tour, Jimmy Dawkins, Buddy Guy et Johnny Winter donnent une image d'eux mêmes qui n'est plus que l'ombre de ce qu'elle a été. On ne peut, parait-il, pas être et avoir été. Ces trois là viennent de me donner la preuve par neuf de ce dicton populaire.

Que s'imagine donc Jimmy Dawkins, quand il "fait le beau" comme il l'a fait à Meudon au mois de juin. Pense t'il réellement qu'il puisse abuser qui que soit ? Et Buddy Guy, l'homme capable de sortir un disque de génie, mais qui se massacre littéralement sur scène, comme il l'a encore fait à la Défense début juillet. Comment ce musicien légendaire, homme gentil, intelligent, humble et de bon sens, peut-il donner d'aussi mauvais spectacles ou il semble se parodier lui-même ? Quant à Johnny Winter, que son tourneur disait guéri, on peut se demander sincèrement comment il tourne encore. Que reste t'il de l'un des rares guitaristes capables de rivaliser avec Buddy Guy, Eric Clapton ou Jimi Hendrix ? Un vieillard prématuré, qui arrive sur les lieux de ses concerts en ambulance, ne marche péniblement qu'avec une canne, et joue de la guitare comme un "honnête" débutant.

Tristesse au sens propre du terme, c'est réellement le sentiment qui m'a envahit à la vue, et l'écoute, de ces musiciens qui ont écrit l'histoire. Et si le Blues se mourrait vraiment, comme l'écrivent ou le disent beaucoup de mes confrères ? Si bientôt nous ne nous réunissions plus qu'autour d'une "galette" mise à la va vite dans le lecteur de CD, pour se rappeler le "bon temps" ?

Non, il ne se peut pas !!! Les valeurs intrinsèques que recèle le Blues, et qui touchent au fonds de l'âme humaine, sont trop fortes pour mourir. C'est simplement la fin d'une époque. La prochaine sera sans doute moins faste que la précédente, mais une jeune garde existe. A nous de la mettre en valeur et de lui permettre de vivre de sa musique.

Espérons aussi, sans trop y croire, que les émules de J2M comprendront un jour que le Blues est un art. Q'un artiste de Blues n'est pas un produit de consommation que l'on fabrique très vite et à moindre coût pour gagner des sommes faramineuses, avant de le jeter après utilisation, mais un être humain de chaire et de sang, qui travaille dure pour vivre d'un don, et doit pouvoir s'investir sur le long terme. Espérons… L'espoir fait, paraît-il, vivre…

Cet Hiver, nous continuons notre série sur Chicago, avec la saga de l'un de ses plus grands monstres sacrés venu tout droit du Delta, j'ai nommé Chester Burnett alias Howlin' Wolf. Personnage haut en couleur, dont l'influence sur le "British Blues Boom" fut considérable, que nous décrit l'ami Christian Casoni. Et puis, je suis sûr que c'est avec une délectation non feinte, que vous saluerez le retour de notre "Momo nationale", dont le dossier traite de la période musicale de l'avant deuxième guerre mondiale à… Chicago, of course !!!

Enfin, mais j'aurai du commencer par là, toute l'équipe de Blues Magazine et moi même, vous souhaitons une année 2003 épanouissante sur tous le plans… Et pleine de Blues dans les "cages à miel", cela va de soi…

Patrick Guillemin