Spécial Blues Français

Saga :
Benoît Billot raconte Blue Boy

Interviews

  • Bo Weavil
  • Jean Jacques Milteau
  • Paul Personne

 


Edito

Enfin l'automne !! La pluie, le froid qui se réinstalle pas à pas, les petits chefs qui s'acharnent à nouveau sur vos os au travail. Quelle joie de retrouver tout cela après deux ou trois semaines passées à se prélasser honteusement, et à profiter de la mer et du soleil…
Je vais arrêter là mon propos pertinent, car sans bien comprendre pourquoi, divers objets arrivent dans ma direction, et visiblement pas de manière amicale…

Depuis longtemps, nous avions envie de faire ce numéro consacré aux Bluesmen hexagonaux. C'est donc avec un petit pincement au cœur que nous vous le présentons. Fabienne Lenglet et Christian Casoni ont mis tout leur cœur, leur savoir et leur énergie à la réalisation de ce projet.
Je sais que pour beaucoup, l'interprétation du Blues par des musiciens français relève de la quadrature du cercle. Comment des Français peuvent-ils comprendre une musique née d'un contexte économique et social qui ne fut jamais le leur ?
De fait, peu de musiciens ont réussit, en France, à assimiler l'idiome du Blues. De plus, tous ou presque sont des "Enfants du Rock". Comme nous tous d'ailleurs. Avant de se sentir transcendés par la voix de stentor et les effets de glissendo de Muddy Waters ou le boogie sauvage de John Lee Hooker, tous sont tombés dans les bras d'Elvis Presley ou des Rolling Stones. Mais ceux-la ne sont-ils pas les rejetons naturels des Bluesmen Afro-Américains ?
Et puis, au risque de me répéter grave de chez grave, la force du message délivré par le Blues est d'être universelle. La musique fait partie de ces très rares choses capables de briser les barrières raciales et sociales.
Albert King lui-même ne tient pas un autre propos lorsqu'il interprète Blues Power, et affirme que tout le monde a eu un jour le Blues.
Pour certains, les Bluesmen français ont un double handicaps. Ils sont blancs et tentent bien souvent de s'exprimer dans la langue de Molière. Ils n'en sont à mes yeux que plus méritants.
Lorsque l'on est Français et que l'on joue du Blues, il faut avoir une sacrée foi dans ce que l'on fait, ainsi que beaucoup de persévérance et d'abnégation. Sans oublier le grain de folie indispensable, car les obstacles ne manquent pas sur la route de la reconnaissance et de la notoriété. Si tant est qu'elles arrivent un jour… Life is Bitch…
Merci à vous, Messieurs, de permettre à cette musique que nous aimons tous, de se régénérer et de continuer à vivre.

A tout seigneur tout honneur, c'est avec Benoît Blue Boy que nous allons tenter d'illustrer notre propos.
Benoît aura été le précurseur, le premier passeur, celui qui va transmettre le virus à une poignée d'apôtres, dont Patrick Verbeke, et poser les bases de ce qui va devenir le French Blues. Certes, il n'a connu ni la ségrégation régnant dans le sud des Etats Unis jusqu'à la fin des années 60, ni le fait de faire partie d'une minorité opprimée dont le lourd passé a laissé des cicatrices indélébiles. Toutefois, comme quelques autres après lui, il a parfaitement saisit l'universalité et la profondeur du message. Son humour, son talent de musicien et sa plume acérée feront le reste.

Bonne lecture, et à dans trois mois… Dans tous les bons kiosques à journaux !!!

Patrick Guillemin