Au sommaire du n°5 
  • LITTLE MILTON
  • KARIM ALBERT KOOK
  • LA GIBSON 335
  • CANDYE KANE

 


Candye Kane : la Diva du Blues

Bien malin celui qui en quelques lignes peut présenter le phénomène Candye Kane. C'est pourtant ma rude tache, d'autant plus que, comme visiblement tous ceux qui l'ont approchée à moins d'un mètre, je suis tombé sous le charme de cette personalité véritablement hors du commun. Alors comment vous dire....

Le Blues de Candye Kane esy à la fois candide et insolite, efficace et spectaculaire, sensuel et généreux, tout comme elle. Son messsage est simple et direct : "aime toi tel que tu es, fais ce que tu veux, ne mets pas de barrières inutiles et surtout aime les autres". Ses musiciens ont un talent vrai, et ceux qui l'auront vu dernièrement
lors de sa tournée en France, ne me contrediront sûrement pas. En bref et parcequ'il me faut bien essayer de vous cerner le personnage, retenez que Candye Kane
appartient à la famille des : "si ils n'existaient pas il aurait vraiment fallut les inventer !".

Blues Magazine : Qui es tu Candye Kane ?

Candye Kane : Je suis féministe, mère de deux enfants, ex strip teaseuse et chanteuse.

Blues Magazine : Quelles sont tes influences musicales ?

Candye Kane : Nombreuses! Mais tout particulièrement Bessie Smith, Billie Holiday, Ella Fitzgérald...

Blues Magazine : Comment es tu devenue chanteuse ?

Candye Kane : J'ai toujours chanté, depuis que je suis enfant, j'essayais toujours d'attirer l'attention et maintenant je gagne de l'argent en le faissant! Adolescente, j'ai suivi des cours d'opéra dans un conservatoire mais je n'ai pas continué car je préférais la musique moderne. J'ai ensuite fais quelques tremplins mais je trouvais que je n'étais pas à la hauteur comparée aux autres. La seule chose que je savais être capable de faire correctemnt c'était un bébé, c'est donc ce que j'ai fait
et je suis revenue à la musique quelques années plus tard.

Blues Magazine : Quelqu'un t'a-t-il poussé dans cette voie ?

Candye Kane : A l'âge de 16 ans je suis devenue strip teaseuse, j'ai fait des tournées au Canada, à New York et quand je suis revenue j'avais gagné beaucoup d'argent. Je suis allée à Holliwood où la plupart de mes amis vivaient et j'ai rencontré beaucoup de musiciens et de groupes. Mon producteur m'a beaucoup encouragé à écrire des textes, à chanter. Un autre ami m'a également aidé car j'étaais très naïve à l'époque par rapport à ma carrière de strip teaseuse, et par rapport à ce que les gens pouvaient en penser. Il m'a dit que mon honnêteté était la meilleure chose en moi, qu'il fallait que je continue de chanter sans jamais perdre cette qualité.

Blues Magazine :Pourquoi as tu choisi Austin (Rexas) ?

Candye Kane : Je suis née à Los aAngeles qui est une grande ville mais où la communauté musicale est assez réduite et fermée. Là bas tout le monde savait
que j'étais stripteaseuse, d'ailleurs je ne m'en cachais pas. J'ai signé un contrat avec CBS en 1986, pour de la Country. Il voulait que je sois autre que moi-même, que j'affirme une reconversion totale par rapport à ma vie d'avant. C'est d'ailleurs une différence fondamentale entre le monde de la Country et celui du Blues : dans les deux cas, nombres d'artistes ont eu une vie difficile, sauf que dans le premier cas il faut que tu montres que tu as changé, alors que dans le Blues non, c'est plus honnëte. C'était donc difficile pour moi et j'ai perdu mon contrat avec CBS. A Los Angeles, j'étais cantonnée dans mon image de strip teaseuse quoi que je fasse. A Austin, çà n'a pas été facile non plus au départ car j'avais une approche très excentrique du Blues, dans mes spectacles, mon comportement. Au Texas au contraire leur approche est très sobre, tu mets ta musique ssur la table et elle parle d'elle même. Ces deux approches sont bonnes, le principal est que malgré ces différences
ils aient compris que j'étais sincère dans ma démarche.

Blues Magazine : Ou puises-tu ton inspiration ?

Candye Kane : Partout ! Dans mes rêves, parfois je me lève en pleine nuit pout les noter, il m'arrive aussi lorsque je ne suis pas chez moi et que je n'ai pas de dictaphone, de téléphoner chez moi et de chanter sur mon répondeur ! Sinon je tiens un journal où je note tout ce qui me touche. Par exemple pour la chanson "Lord is a woman" (Dieu est une femme), cela faisait longtemps que je voulais traiter ce thème mais je n'osais pas car je suis croyante, je redoutais les conséquences. Puis un ami qui fait parti du groupe "Big Farmer" l'a fait avec une chanson "Are you dreaking with me Jesus ?" (Candye se met à chanter). Comme il ne lui est rien arrivé après, qu'il était toujours en vie, je me suis dit que je pouvais également le faire et j'ai écrit la chanson !

Blues Magazine : Que représente pour toi le fait de jouer en Europe et plus particulièrement en France ?

Candye Kane : J'adore l'Europe et plus particulièrement la Hollande et la France. La France est un pays qui a une longue tradition du cabaret et du théâtre, les Français semblent être plus réceptifs à ce que je fais alors que les Anglais et les Allemands sont davantages réservés.

Blues Magazine : Pourquoi avoir choisi ce titre en Français "Diva la Grande" pour ton dernier album ?

Candye Kane : le mot "Diva" dans le dictionnaire Anglais signifie déesse, ça m'a attiré car cela correspondait à ce que je voulais signifier avec Shiva sur la pochette de l'album. Quand à "la Grande" c'est pour le côté "big". Quand au fait que le titre soit en Français, j'ai pensé que cela ferait plaisir à ce qui m'apprécient ici.

Blues Magazine : Quels sont tes projets ?

Candye Kane : Le disque vient juste de sortir et je vais faire une tournée aux Etats Unis pour cet album. D'autre part il se peut que j'enregistre un disque en Français, d'ailleurs j'apprends en ce moment la langue. De plus je vais devoir venir souvent en France pour ce projet et j'en suis vraiment heureuse.

Blues Magazine : Que souhaiterais-tu dire aux lecteurs de Blues Magazine ?

Candye Kane : Que c'est important de ne pas se couper d'une musique parce qu'ils pensent que ce n'est pas du Blues, de faire attention aux étiquettes que l'on met sur la musique car le Blues n'est pas de la nourriture que tu achètes au supermarché. Le Blues peut être de différentes couleurs et de différentes formes. Il arrive que certains soient un peu perdus quand ils écoutent ma musique car elle est composée d'un peu de Swing, de Jazz, de Country et finalement ils pensent que ce n'est pas du Blues.En fait, la plus grande erreur des critiques est qu'ils mettent des étiquettes désignant ce qui est Blues et ce qui ne l'est pas. Ils se privent de plein de choses qui sont géniales, il faut donc avoir l'esprit le plus large possible.   

Interview réalisée par Régine Charles le 21 Avril 1997.