Les échos des concerts et festivals
 

Popa Chubby
au Zénith - 23 Mai 2002
(PREMIERE PARTIE : MATT SMITH)

 

 

Les débats sont lancés par Matt Smith qui déclare être là pour notre détente et notre confort. Il y réussit et les trois quarts d’heure traversés à ses côtés vont sembler trop courts, alternant ses compos orignales tel "Junkie For Love" avec un hommage à la mémoire de Robert Geddins. Matt Smith reste l’unique parmi les protégés du Popa à être présent sur les CD "Popa Chubby Presents New York City Blues" et "Popa Chubby Presents New York City Blues Again" mais dont le premier album ne sortira qu’en octobre 2002 avec encore et toujours Popa à la production.

Popa Chubby quant à lui, apparaît souriant, blagueur même, poli aussi, s’excusant de devoir réaccorder sa guitare. En parlant d’icelle : la fameuse Flying V est aux abonnés absent.

Par contre, les tubes attendus de tous sont de la partie. Outre une sélection de titres issus de son dernier CD " The Good The Bad And The Chubby" mais aussi "New York City Blues", "Caffeine, Wild Thing" dans une version écourtée en final et "Daddy Played The Guitar And Mama Was A Disco Queen" en rappel.

A l’instar des leitmotives lancés tels des anathèmes quant à la prétendue négativité de l’artiste, Popa invite ses musiciens tour à tour à se lancer dans les soli alors que le concert se situe très loin de son dénouement. 

Le Zénith est comble. De tout dans ce public. Des rockers, des hardeux, des bikers, des bluesfans pour les plus typés, du tout venant, du monsieur-tout-le-monde pour les plus passe-partout, même des enfants (pas d’école le lendemain vendredi ?).

Popa Chubby n’est pas un virtuose. Il n’est pas non plus un pur bluesman. Il ne sera jamais B.B. King mais son talent est ailleurs. Chaque musicien voulant innover, chaque précurseur s’est heurté à l’hostilité des puristes. Remember Buddy Guy auquel l’on reprochait de jouer debout ou T-Bone Walker traité en renégat car il avait électrifié son instrument ou encore le rejet dont fut victime John Hammond car il avait le malheur d’être blanc et gosse de riche (fils du producteur du même nom qui relança la carrière de Willie Dixon puis "découvrit" Dylan et Springsteen) .

Popa Chubby est un bon guitariste mais il est avant tout une voix, une interprétation, un auteur-compositeur, un producteur, un distributeur qui, en homme d’affaires avisé draîne le grand public vers le blues d’une part et d’autre part nous permet à nous rédacteurs et lecteurs de Blues Magazine qui ne formons pas le grand public (soyons fiers d’assumer nos prétentions) de découvrir des artistes qui sans lui seraient peut-être demeurés inconnus.

Claude Dannic.



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