Black Coffee Blues Band

Black Coffee Blues Band

Dixiefrog

Quelques semaines à peine après la sortie de l'excellent "The Good the Bad and The Chubby", le très productif Popa Chubby revient à nous par le biais du Black Coffee Blues Band. Loin d'être un nouvel avatar du guitariste, le BCBB -groupe dont le personnel fluctue au fil des ans et au sein duquel Big Ed Sullivan et Arthur Neilson assurent l'intérim guitaristique lorsque le patron est en tournée- permet à Popa de se détendre et se ressourcer dans les racines de sa Chubby musique (blues, rock, country, rythm and blues, et soul) lors de soirées incandescentes passées dans un bar de Brooklyn en compagnie de sa femme Galea (à la basse), du très technique guitariste Arthur Neilson et de Dimitri Archip (drums), l'un des plus anciens membres du groupe. Dans cet album studio, pas de compositions originales mais plutôt des reprises, et quelles reprises: Junior Wells, Neil Young, Johnny Winter, Muddy Waters...! Attention, ici, il n'est pas question de refaire le coup de "Flashed Back", le plaisir semble vraiment avoir été la ligne directrice de ce disque et la guitare y a logiquement la part belle. L'émulation est à son apogée entre Popa et Arthur Neilson, qui enchaînent soli sur soli, joutes guitaristiques ou conversation musicale raffinée, et se vautrent sans complexe dans la jam session pour le plus grand bonheur de nos oreilles (ceux qui ont pu voir Popa lors de sa dernière tournée retrouveront donc cette faculté à façonner des morceaux extensifs). Les parties vocales ne sont toutefois pas en reste: si les voix de Popa et d'Arthur nous sont connues, Galea confime la très bonne impression laissée par sa participation à "Flashed Back" (la voix est superbe sur "Bumblebee", "CC Rider" et "Motorcyle Mama") et Dimitri est une belle découverte soul (magnifique prestation sur "I Can Tell" et "Slip Away"). Bien enregistré (chaque morceau se termine sans être chuinté, sauf "I Can Tell"), homogène, cet album a un son très étudié. Malgré la patte "Chubby" et un répertoire varié, on ne retrouve pas ici la fusion caractéristique d'un album perso de Popa. Quoi qu'il en soit, ce très bon album, qui ne peut être ni comparé ni comparable à " The Good, The Bad and The Chubby" (le propos n'est pas le même) vous donnera le même coup de fouet qu'un bon petit café noir les lendemains de nuits blanches.

Grégory Hulin.