Buddy Guy

Blues Singer

Silvertone Records

Buddy Guy semble bénéficier d'une certaine liberté et après le succès critique et commercial de Sweet Tea (une des meilleures galettes blues du guitariste depuis sa signature chez Silvertone) il sort un disque acoustique sur lequel il se paie le luxe d'inviter Eric Clapton et BB King, pour taper le boeuf sur trois titres (les trois compères sont d'ailleurs réunis sur Crawling Kingsnake). Mais les performances guitaristiques de ces deux autres géants ne sont pas l'essentiel à retenir de ce disque… Car le titre de cet album n'est pas mensonger : Blues Singer est véritablement un album de chanteur et d'interprête du blues. On est très loin de la rage électrique et des phrases musicales incendiaires de Sweet Tea. Ici les guitares acoustiques servent plutôt de gangue à la voix en falsettos et tremolos immédiatement reconnaissable de Buddy. Si une certaine quiétude se dégage de la musique (enregistrée dans le même studio que le précédent CD), on sent malgré tout que la tension est bien présente derrière cette voix plaintive ou chaude, qui véhicule tout au long de l'album le feeling, la rage et cette émotion qui vous donne la chair de poule. Le répertoire pioche essentiellement dans John Lee Hooker (à qui Buddy dédie ce disque), Willie Dixon… Aucun titre n'est signé de Buddy. Une fois encore la qualité sonore du disque est remarquable : les cordes claquent et quel son de basse. Mais écoutez ce disque dans le noir….je vous assure : frissons garantis !

Grégory Hulin


Buddy Guy

Stone Crazy

Isabel Records

Paradoxalement, les disques de Buddy Guy sont généralement aussi bons que ses prestations scéniques sont médiocres. Ce n'est pas ce disque ni le concert qu'il a donné à l'occasion de "Jazz à la Défense" qui me démentiront.

Edité en France sur le petit label "Isabel Records", distribué par "Night & Day" et produit par Didier Tricard, "Stone Crazy" est en réalité un disque enregistré à Toulouse en octobre 1979 pour "Alligator", qui jusqu'à présent n'avait jamais été distribué chez nous. Entouré d'un gang d'excellents musiciens estampillés "Chicago", Phil Guy, son frère, à la guitare rythmique, JW Williams à la basse et Ray "Killer" Allison à la batterie, Buddy nous délivre un peu plus de 42 minutes de Blues torride et fou comme lui seul sait le faire. Pas de fioritures ni d'arrangements sophistiqués, mais une guitare présente à l'extrème et cette voix toujours au bord de la rupture. Du grand Buddy Guy dont on redemanderait volontiers une petite louche, tant on se sent tout à la fois comblé et frustré par le petit nombre de morceaux (6) qui figurent sur ce disque. Ne vous battez pas chez votre disquaire pour acquérir ce petit bijoux exhumé de terre, y'en aura pour tout le monde !!!

Patrick Guillemin