Tim Hain
&
The Sunnysideup




One Man Went To Mojo

Note Records - NCD 1009-2

Quand les labels british nous envoient des galettes de ce style, on sent que ce n'est plus pour plaisanter, mais pour frapper un grand coup. Crâne rasé à la Eddie Martin, Tim Hain est aussi doué à la six cordes que son homologue britannique et il vous propose dans cette galette de 18 tires (oui, vous avez bien lu, dix huit titres !) de découvrir et prendre goût à ce Bleggae, mélange très personnel de Blues et Reggae (d'où le nom Bleggae) qui donne à ses compos, tout comme aux reprises, une sonorité nouvelle et particulièrement étonnante. Entouré de sa garde rapprochée, Roy Parsons et Pete Shaw (tous deux bassistes), de Prince et de Leroy (tous deux batteurs), Tim Hain n'aligne pas moins de 22 invités, dont le chanteur Paul Cox, un excellent Robin Bibi à la guitare Wah Wah, la superbe Kit Hain au chant, et… j'en passe, sinon cette chronique ne serait qu'une longue liste indigeste de noms et prénoms. L'album alterne astucieusement des reprises, comme cet hommage à Jimi Hendrix avec une version Bleggae de Wind Cries Mary, et les compos originales du sieur Tim. Parmi les reprises, signalons quelques perles, comme For What It's Worth (Stephen Stills), Down Don't Bother Me, du King Albert, ou Need Your Love So Bad, de Little Willie John. Des titres parfaitement calibrés au standard des 12 mesures, comme Feels So Nice, raviront les puristes tandis que d'autres apprécieront avec plaisir Everybody's Talking to Themselves, avec First & Last aux vocaux, dans le plus pur style Hip-Hop. Tendez une oreille attentive à cet étonnant Welcome to Iraq. Et que dire, de If I Ever Get Home, avec ces impressionnants chœurs Gospel,… que dire, des sept minutes de That's What The Blues Is All About, dont le titre vous dit ce qu'il en est du Blues, avec ces quelques secondes en hommage discret au maître du manche, Jimi Hendrix, glissées au milieu du morceau : époustouflant. Un grand, un très grand album proposé par Note Records.
Le Bonus vous offre, comme dix-huitième titre, un enregistrement live (avec notamment la présence de la superbe Kellie Rucker à l'harmonica), qui ne laissera aucun amateur de blues électrique indifférent. Epoustouflant, vous ais-je dit.

Frankie Bluesy Pfeiffer