Mississippi John Hurt

Live

Vanguard Records VCD 79702-2

Où l'on entend le songster d'Avalon ressusciter live dans une compilation de 24 titres. Le producteur Tom Vickers a établi sa sélection sur le matériel d'un concert que Mississippi Djoneurte avait donné en 1965, donc un an avant de mourir, à l'Oberlin College (Ohio). Vickers nous accorde en prime quelques chansons extraites des concerts de Newport (1963 et 1964), qui relancèrent la carrière discographique de l'aïeul… pour une petite paire d'années fort prolixes. Le temps est passé comme une plume depuis les sessions de 1928. L'homme avait 34 ans et sa voix était alors légèrement plus chaude. Finalement la seule, l'énorme différence tient à la mention " live "… VIVANT, là, dans le creux de la main, en confidence avec un parterre dont on devine la fascination. On pourrait craindre un poil de lassitude à l'écoute de ces 24 titres joués par un songster antédiluvien, seul avec sa guitare et un style conservé en l'état. Pas le moindre symptôme d'engourdissement ! Prologues de blues, ces 24 petits airs sont simples comme des comptines, doux comme des chansons d'anniversaire et se boivent comme un vin de lune. Et puis Djoneurte c'est Djoneurte, bon sang ! Du minerai de Tommy Johnson, la caillasse dans laquelle luit forcément une paillette de Jimmy Dawkins, déjà. Hier il était le matin du ghetto. Il sera plus tard un bon coup de gomme sur la ligne Mason-Dixon, et les deux lèvres de l'Atlantique cousues par une broderie de picking. Quatre ou cinq générations réconciliées d'un seul coup. Un arc-en-ciel d'épidermes. La candeur qui a raison de tous les cynismes. L'indicatif retrouvé de notre enfance. Une bête à bon Dieu qui scintille comme une goutte de rosée. Et beaucoup moins sacré qu'une relique, Djoneurte. Hallelujah!

Christian Casoni.


 

Mississippi John Hurt

Rediscovered

Wea

Retrouver la voix douce de ce vieux songster du Delta et son jeu de fingerpicking accompli procure toujours un moment de plaisir subtil pour les amateurs de ce guitariste acoustique d’Avalon (Mississippi), simple et charmant, disparu en 1966, après une carrière musicale en 2 temps. Ce CD est une compilation de 4 albums produits entre 1965 et 1966 : on y retrouve quelques succès déjà enregistrés par le label Okeh en 1928 (" Stagolee", " Candy Man ", " Can’t Be Satisfied "), une reprise de " Goodnight Irene " de Leadbelly et J. Lomax, des compositions personnelles et ses arrangements de chants traditionnels antérieurs au blues. Un cocktail séduisant de 24 titres, certains enregistrés en public, pour découvrir cette figure attachante à l’humour discret qui a illuminé de son talent préservé et de sa voix douce les années du " revival ".

Monique Pouget.