Bettye Lavette

A woman like me

Blues Express

Avec 40 ans de carrière à son actif, Betty LaVette fait partie de ces artistes dont la discrétion médiatique reste un mystère. Encensé par la critique aux Etats-Unis, cet album du come-back mérite d'être aussi celui de la consécration. Dotée d'une assurance vocale époustouflante, la panthère soul déploie une palette émotionnelle qui a l'épaisseur du vécu. Difficile, devant tant de talent, de détailler chaque titre. Successivement soutenue par les cuivres, la guitare ou le piano du regretté Rudy Robinson, LaVette se déchire l'âme à coup de crescendos mélancoliques, railleurs ou colériques, et vous essore le cœur au passage. Elle joue de la montée en puissance et de la répétition, du feulement et du cri jusqu'à la chair de poule. D'entrée, Serves him right donne le ton, diatribe rageuse contre un bon à rien, suivi du douloureux The Forecast (aow, pain !) et du déchirant Through the winter, à même de vous laisser HS. A woman like me, qui prête son nom à l'album, affirme la femme de tête. LaVette nous promène ensuite entre ballades It ain't worth it after a while, As close as I'll get to heaven, tempo gentiment funk When a woman's had enough et Bettye's Blues comme Hey, hey Baby. Ebouriffés, lessivés, terrassés, on n'a plus la force que de gémir : encore !

Cécile Clerc