Chris Rea

The Blue Jukebox
JazzeeBlue / Navybeck Ltd/ V2

Londres, Paris, fin de journée pluvieuse et froide d'un lundi harassant… Long Is the Time, Hard Is The Road. En quête d'un peu de détente, vous décidez d'entrer dans ce club obscur aux néons blafards. La porte calfeutrée claque lourdement derrière vous. Atmosphère chaude, enfumée. And The Beat Goes On... Avec ce shuffle chaloupé, Chris Rea vous ouvre sa boîte à musique bleue ; musique dont il a, avec détermination, coulé les solides fondations et peaufiné la personnalité au gré de ses trois précédents albums. L'ambiance, ou plutôt le tableau, car le guitariste semble avoir composé cet album comme le camaïeu de bleu de ses propres peintures, est résolument sophistiquée et urbaine (est-ce l'enregistrement dans les studios londonien et parisien ?). La ruralité transparaît cependant par moment, à l'instar de Restless Soul, Blues entêtant, envoûtant, qui ne dépareillerait pas sur Dancing Down The Stony Road. Le Blues transpire en permanence (introductions acoustiques et à l'harmonica roots, soli slide, textes) de ces ballades jazzy en mid tempo. Le mélancolique Steel River Blues au saxophone feutré, les sonorités italiennes de Blue Street, le gospelisant et groovy Baby Don't Cry vous bercent encore lorsque Speed, moderne et funky, vous ramène à la triste réalité. Clap final. Dehors la pluie a cessé…

Grégory Hulin.