Muddy Waters



They Call Me

Music Avenue

Voilà une très belle inspiration de la part de Music Avenue, un double CD de Muddy Waters, avec 2 périodes bien distinctes. Sur le premier CD, nous avons 25 titres, allant de 1947 à 1955, tous enregistrés à Chicago et produit par Léonard Chess. C'est l'âge d'or de Muddy, avec tous les tubes qui lui incombent. Quelques noms de musiciens, enregistrant avec lui, vous donne un aperçu de la qualité de ce premier CD : Little Walter, Jimmy Rogers, James Cotton, Junior Wells ou Pinetop Perkins. Le son est très honnête pour l'époque, pour moi, cela correspond à 1h15 de bonheur. Le deuxième CD est un enregistrement live, datant de 1976, enregistré en Pologne. Le son est de bonne qualité, les musiciens sont : Bob Margolin, Pinetop Perkins, Willie Smith, Luther Johnson, Jerry Portnoy et Calvin Jones. Seize titres, tous aussi bons les uns que les autres, pour 80 minutes, que des standards, dont je ne vous donnerais aucun titre (tous connus). Les connaisseurs de Muddy Waters apprécieront ce double CD, les autres pourront découvrir le maître incontesté du Chicago Blues qui, grâce à Music Avenue, est parmi nous. Music Avenue est distribué en France par Dam Music Tél. : 01 60 65 31 00.

André Perronnet


Muddy Waters



King of Chicago Blues

Proper Records distribué par Nocturne

Encore une compilation de Muddy Waters. Celle-là nous vient d'Angleterre. Les titres sont compris entre 1941 et 1955. Elle est composée de 4 CD et d'un très beau livret de 44 pages, racontant en détails, la vie de Muddy et le déroulement des enregistrements. C'est vraiment très complet et pour ceux qui aiment l'histoire du Blues, cette compilation est une merveille. L'ensemble des titres sont des originaux remasterisés, la plupart sont de Muddy Waters et enregistrés par Alan Lomax à Clarksdale pour le premier CD, le reste est enregistré à Chicago chez Chess records. Je vous le dis, c'est de l'authentique, du vrai de vrai. Je ne peux pas vous énumérer les 97 titres que composent cette compilation, mais sachez simplement que pour votre humble serviteur, celle-ci est vraiment indispensable à tous les amoureux du vrai Blues, celui qui vient des plantations, celui qui respire le coton, et qui est l'essence même de la musique. Vous trouverez toutes les informations sur le site : www.nocturne.fr

André Perronnet


Muddy Waters

Muddy Mississippi Waters Live

Epic / Legacy


Ce double album de Muddy concerne, en première partie le disque original produit par Johnny Winter enregistré en 1978 lors d'un concert au Harry Hope's à Cary dans l'Illinois, à l'exception de 3 titres provenant d'un concert de 1977 au Masonic Auditorium de Détroit. Si ce disque est bien connu, quel plaisir de réécouter ces joutes de slide entre J Winter et Muddy dans Mannish Boy. Et quel duo en questions / réponses sur ce même titre. Citons encore Nine Below Zero avec James Cotton en invité, She's Nineteen Years Old, Baby Please Don't Go, et un de mes préférés Deep Down in Florida avec la guitare slide de J. Winter à sa grande époque. Muddy est accompagné d'une formation de rêve : Jerry Portnoy à l'harmo, Luther Guitar Jr Johnson à la guitare, Bob Margolin à la guitare, Calvin Jones à la basse, Pinetop Perkins au piano et Willie Smith à la batterie.
Le second est un inédit produit par Bob Margolin qui a retrouvé des bandes !!!, toujours pour ce concert au Harry Hope's. Ce disque débute par un medley sur base de Stormy Monday qui sert à présenter le band de Muddy. Et c'est parti pour 12 minutes, puis s'en suivent quelques classiques, Corrina Corrina, Hoochie Coochie Man ou l'inévitable Got My Mojo Working. J'ai particulièrement apprécié l'hommage à T-Bone Walker Champagne and Reefer, She Moves Me, mettant en exergue le bottlenec de Muddy, Kansas City en duo avec Pinetop Perkins ou encore Mad Love de Willie Dixon. Enfin tout est bon ! Il faut ajouter que ces bandes ont été dépoussiérées. En un mot, le son des 2 CDs est excellent, ce qui pourra déplaire à certains amateurs d'imparfaites sonorités de l'époque. Imaginez, fermez les yeux et vous avez devant vous Muddy Waters sur scène.

Christian Le Morvan


Muddy Waters

Rolling Stone 1941-1950

T-Bone Walker

Father Of The Modern Blues Guitar

Frémeaux et Associés

On sait que les débuts discographiques de Muddy Waters ont bénéficié d’un coup de pouce du hasard : les frères Lomax, ne trouvant pas Robert Johnson (et pour cause, il avait déjà été assassiné !) se rabattirent sur le jeune Muddy dont on leur disait le plus grand bien. Les deux morceaux qui ouvrent ce coffret, issus de cette séance d’enregistrement historique dans la plantation où il travaillait, en laissent présager la carrière qui s’annonce. Dans le jeu de slide incisif et précis, la voix parfaitement placée, on perçoit déjà la violence tranquille qui s’exprimera à Chicago, une fois intégrées les influences de Big Bill Broonzy ou Sonny Boy Williamson.

"Je ne voulais en aucun cas que mon fils soit un de ces miséreux sans instruction qui travaille la terre ". Cette phrase, prononcée par la mère de T-Bone Walker, en dit long sur les divergences de parcours entre Muddy Waters et lui. Divergences que l’on retrouve forcément dans la musique. Là où Muddy Waters assène une fureur lancinante , T-Bone est tout en raffinement, absorbant comme un buvard l’influence des musiciens de jazz qu’il accompagne pour la ressortir dans des solos qui semblent réinventer la guitare à chaque note. On comprend pourquoi il deviendra lui-même une influence majeure, sans doute la plus citée par les grands guitaristes de blues : les multiples pistes qu’il emprunte sont toutes bonnes à suivre.

Les compilations de de Muddy Waters et de T-Bone Walker ne manquent pas, mais celles-ci offrent l’occasion d’approfondir sa connaissance de deux maillons essentiels de l’histoire de la musique du siècle dernier.

Benoit Chanal