Dawn Tyler Blues Project

Ten Dollar Dress
Preservation Records Inc. ( Québec )

Dawn Tyler Watson, la vocaliste du groupe, a suivi des cours d'art dramatique avant de se lancer dans la musique et cela s'entend. L'interprétation trouve dans ce disque son expression plénière. Tout y est respiré comme dans le jeu d'un acteur. Les textes et les musiques sont signés de la main de la demoiselle, à l'exception de deux chansons, l'une dont elle est cosignataire avec D. Ryan, la seconde est "Purple Haze" dont je ne commets pas l'insulte de vous en citer l'auteur. Concernant ce dernier titre  Dawn et son groupe ont eu l'intelligence (sacrilège vont s'insurger certains ?) de l'adapter en une formule quelque peu jazzy, plutôt que nous resservir une énième resucée approximative du maître (afin de ne pas affronter la comparaison s'en vont surenchérir les mêmes ?). On entend déjà beaucoup à propos de ce disque. Toutes les critiques en sont élogieuses. Disque de blues certes, mais aussi de soul, de jazz, de rhythm and blues, de ballade et tant pis, lâchons le mot, il ne s'agit pas d'une insulte, de chanson. Mais non, pas de la variété mièvre ! Tout ici porte l'estampille de la qualité. D'autre part, en feuilletant le dossier de presse qui nous est parvenu en accompagnement de ce CD, l'on voit que son agent est un malin niveau bizness. Il y a même une photo de notre héroïne posant aux côtés d'une multimilliardaire québécoise (c'est pas légendé, mais je l'ai reconnue tout seul) qui chantait sur la B.O d'un film hollywoodien qui narrait les mésaventures d'un paquebot qui, "plouf !", a coulé. Mais pas d'amalgame. Le Dawn Tyler Blues Project mérite bien sa chronique dans ces colonnes. C'est pas de la variétoche. On ne va tout de même pas se plaindre si le blues prend le risque de devenir populaire au Québec (même anglophone ?). En français Dawn se traduit Aurore. Peut-être l'Aube d'une nouvelle Diva ?

Claude Dannic.