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INTERVIEW

Joe Bonamassa

Au New Morning

20 mars 2008

 

Entretien préparée par Dominique Boulay, traduction: Josée Wingert
Photos : Bruno Migliano


C'est en fin d'après midi, après qu'il se soit occupé de la balance et de l'installation de la sonorisation, que Joe Bonamassa nous a reçu dans la loge du New Morning, peu de temps avant qu'il ne parte dîner. Nous avons tout de suite remarqué que celui-ci semblait un peu las. Il faut dire que les concerts programmés pour cette nouvelle tournée représentaient un nombre impressionnant de spectacles, et qu'il était donc légitime que l'artiste garde l'essentiel de ses forces pour ses prestations vespérales.

BM > Bonjour, tout d'abord, et merci de nous recevoir malgré un emploi du temps quotidien bien chargé. La première question concerne l'origine de ton nom. As-tu des origines européennes, parce que ton nom évoque des consonances venues d'Europe ?
Joe Bonamassa > Eh bien non, ce nom trouve ses origines en Afrique. Personne ne sait exactement où. Mais ce qui est certain, c'est que cela provient de ce continent-là. Bizarrement, le Cameroun ou bien la Tunisie.

BM > As-tu des musiciens dans ta famille ?
JB > Oui, mon arrière grand père et mon grand père travaillaient dans la musique.

BM > Tu es actuellement reconnu comme étant l'un des meilleurs guitaristes de Blues. Quels sont tes guitaristes préférés ?
JB > Eh bien merci pour le compliment, c'est très gentil de ta part. Jeff Beck, Peter Green, Paul Kantner sont, sans nul doute, ceux que je préfère.

BM > Que la vieille génération, n'est-ce pas ?
JB > Oui, c'est tout à fait cela !

BM > Mais parmi la génération actuelle, il y en a bien qui trouvent grâce à tes yeux ?
JB > Oui, bien sûr, évidemment. J'écoute volontiers Robert Cray, Walter Trout.

BM > Et à la maison, qu'écoutes-tu ? Bien que tu sois de New York, tu vis bien à Los Angeles, comme tu aimes le rappeler sur scène, n'est-ce pas ?
JB >
J'écoute surtout du Bluegrass, de la Country comme Doc Watson, du Jazz également.

BM > Et à ce propos, pourquoi vis-tu donc à L.A, alors que tu es originaire de N.Y ? Est-ce pour le boulot qu'accomplit le gouverneur ?
JB > Mais tu sais que Schwarzenegger fait du bon travail. Personne ne se plaint de lui. Bref, j'aime beaucoup le soleil et là-bas, il ne pleut pas souvent. Et comme en plus, il fait chaud, nous n'allons pas nous plaindre !

BM > Tu as commencé la guitare lorsque tu avais quatre ans. N'en as tu jamais eu assez de cet instrument ?
JB > Non jamais, cela ne m'est jamais arrivé d'en avoir assez. Je ne m'en lasse jamais. J'ai bien essayé de jouer d'autres instruments. Mais, je revenais toujours vers cet instrument-là.

BM > Tu joues donc de la guitare tous les jours ?
JB > Mais bien sûr. J'en joue pendant plusieurs heures à chaque fois. Cela peut varier, mais tu sais que c'est mon travail par ailleurs. Il faut donc s'améliorer et évoluer en permanence. Il y a évidemment des moments où j'en joue beaucoup moins que d'autres, mais cela reste une
activité quotidienne.

BM > L'année dernière, lors de ton passage précédent par Paris, j'ai lu dans la presse que tu possédais environ deux cents guitares. Ce nombre d'instruments a t'il évolué ? Il faut dire que tu es suffisamment célèbre pour ne plus avoir besoin de les acheter.
JB > Mon travail m'a pris tellement de temps que je n'ai pas eu le temps de m'en procurer d'autres.

BM > Quelle est ta marque préférée ?
JB > Cela reste Gibson. L'instrument que j'utilise le plus souvent est d'ailleurs une Gibson SG Gold Joe Bonamassa Signature.

BM > Joues-tu exclusivement de la six cordes ?
JB > Oui, presque essentiellement, mais je te rappelle que j'utilise une douze cordes dans l'un des morceaux de mon dernier album, Sloe Gin qui est plus acoustique que les précédents. Je trouve intéressantes les sonorités de la douze cordes, mais dans l'ensemble, je préfère l'usage de la six cordes.

BM > Tout comme tu préfères jouer électrique plutôt qu'acoustique ?
JB > C'est effectivement ce que je préfère.

BM > Possèdes-tu ton propre studio chez toi, comme le font certains artistes ?
JB > Non, ce n'est pas nécessaire. Je ne veux pas me prendre la tête. Il existe des ingénieurs du son, tout comme il existe des producteurs. Moi, je ne fais que de la musique.

BM >En ce moment, ta tournée se déroule en Europe. Joues-tu également sur d'autres continents hormis les Etats Unis ?
JB > C'est exact qu'en ce moment, je suis en Europe. Je suis déjà allé en Afrique du Sud, et je dois prochainement me rendre au Brésil et au Japon.

BM > Te sens-tu prêt à aller jouer en Chine ?
JB > Je ne suis pas certain d'avoir un public là-bas. Ce n'est don pas une priorité de m'y rendre.

BM > Tu as déclaré, précédemment, que pour toi les meilleurs disques étaient :
Bono de John Mayall & The Bluesbreakers
Irish Tour de Rory Gallagher
Goodbye Fellow des Cream.

Quels seraient ceux qui se verraient attribuer ce titre aujourd'hui ?
JB > En fait, rien ne m'inspire vraiment. Je pense qu'à la rigueur, je choisirais des disques de BB King, car ils sont tous bons. Et des disques de Jeff Beck, évidemment. L'album Who Else, reste le must ! Je prendrais aussi quelques disques de Buddy Guy.

BM > Au début de ce siècle, tu avais une formation qui comprenait le fils de Robbie Krieger, guitariste des Doors, Waylon Krieger, le fils de Miles Davis, Erin Davis et le fils du bassiste de l'Allman Brother Band. Sais-tu ce qu'ils sont devenus depuis que tu ne joues plus avec eux ?
JB > Je n'ai aucune nouvelle d'eux depuis très longtemps. Je n'en ai pas la moindre idée.

BM > Je te posais cette question, parce que je viens de rencontrer Billy Branch et que dans sa formation, Sons of Blues, les musiciens étaient enfants de bluesmen célèbres. Ils ont presque tous cessé de faire de la musique, entre autre, l'un des fils de Willie Dixon.
JB > Ah oui, lequel était-ce ? Parce que moi aussi, j'ai travaillé avec l'un de ses enfants. Ils étaient plusieurs à être musicien. Certains sont décédés. Mais il y en a d'autres qui continuent…

Notre petit entretien se terminera là-dessus, car l'heure tournant, il fallait laisser un moment pour le repas du musicien, avant le premier concert parisien de son trop bref séjour parmi nous. Quelqu'un venait le chercher pour qu'il se sustente un minimum…