Porte drapeau de la culture musicale Vaudou de la Nouvelle Orléans, Dr John a été le gourou de multiples générations en popularisant la musique traditionnelle des bayous et le style de jeu au piano hérité du Pr Longhair.
Dr John naît le 20 novembre 1941 sous le nom de Malcolm John Rebennack à la Nouvelle Orléans Son père tient un magasin d’électroménager où se réparent les postes de radios, les téléviseurs et où se vendent aussi des disques. Malcolm commence sa carrière très jeune grâce à sa maman, mannequin, qui s’arrange pour que sa frimousse de bébé de 9 mois apparaisse dans une publicité de savon Ivery Soap.

Malcom grandit dans une ambiance musicale par la collection de 78 tours de son père, par ses nombreux oncles et cousins musiciens amateurs, et aussi grâce aux séances d’enregistrements ou l’emmène son père dans les studios. À l’âge de 14 ans, il rencontre le Pr Longhair qui l’incite à se lancer dans une carrière musicale. Il apprend la guitare et le piano et commence à se produire dans les clubs à l’âge de 15 ans. À 16 ans, il participe à des enregistrements et est engagé comme découvreur de talent chez Ace records. Sa jeunesse devient alors tumultueuse et Malcolm flirte avec la violence, la drogue, le proxénétisme… En 1960, dans une bagarre il est blessé et perd presque un doigt de la main gauche. Il en récupère l’usage mais les séquelles le conduisent à laisser de côté la guitare et à se concentrer sur le piano. Après avoir passé deux années en prison pour des problèmes de drogue, il s’installe en 1965 à Los Angeles, où il devient musicien de studio et enregistre sur des titres d’artistes comme Canned Heat, The Mothers of Inventions, Sonny&Cher, Bob Dylan, Aretha franklin, Franc Zappa. En 1968, pendant les créneaux laissés disponibles du studio, il enregistre son premier disque Gris Gris composé de morceaux incantatoires et déroutants, ancrés dans l’imagerie Vaudou, qui conduiront à des concerts dans lesquels Malcolm John Rebennack adopte au look extraverti en se parant de plumes étranges et en mordant sur scène la tête de poulet vivant… C’est à cette époque qu’il prend alors son nom de scène, en référence à un docteur influent de la Nouvelle Orléans dans les années 1840-1850 qui se faisait appeler John Montaigne, Bayou John, et le plus souvent Dr John. Suivront les disques Babylon (1969), puis Remedies (1970) et The Sun Moon and Herbs(1971) enregistré à Londres et sur lequel apparaissent en invités Eric Clapton et Mick Jagger, trois disques qui assoient la notoriété et l’image de Dr John. En 1972, il enregistre Gumbo, un disque « moins gris gris » plus tourné vers les racines de la New Orleans et vers la musique de Sugar Boy, Huey Piano Smith et Pr Longhair. L’ambiance bonne enfant de Mardis Gras orléanais, pousse le disque dans les scores du hit-parade. Le plus grand succès de Dr John, In The Right Place, est enregistré en 1973 avec Allan Toussaint. Il tente de réitérer ce succès avec Desitively Bonnaroo en 1974, tentative infructueuse, mais qui inspire son nom au Bonnaroo Festival, le festival de musique et d’arts de la ville de Manchester dans le Tennessee. Brouillé avec Atlantic Record, sans doute parce qu’il avait initié Anita Wexler, la fille de son patron, à l’héroïne, il se retrouve en 1989 chez Warner pour son disque In a Sentimental Wood qui obtient un Grammy Awards. Après 30 années d’addiction, il tourne le dos définitivement à l’héroïne et gagne un second Grammy en 192 avec Goin Back to New Orleans. Assagi, il poursuit sa carrière en devenant une légende respectée de la musique de la Nouvelle Orléans et enregistre au total une trentaine de disques jusqu’en 2014, année où sort son dernier disque Ske-Dat-De-Dat : The Spirit of Satch, dédié à Louis Amstrong. Dr John qui avait participé au festival de Cognac en 1999 a obtenu durant sa longue carriere 6 Grammy Awards. Il est décédé le 6 juin 2019 d’une crise cardiaque à l’âge de 77 ans.

 

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