Pianiste et chanteur de Baton Rouge, Henry Gray avait une place importante dans la musique noire américaine. Les Rolling Stones l’avaient d’ailleurs invité à jouer en 1998 à Paris pour le concert donné à l’occasion du 55e anniversaire de Mick Jager, et c’est tout dire venant de la part du groupe fan de Blues. Durant sa longue carrière, il avait joué notamment avec Holling Wolf et Muddy Waters, Robert Lockwood Jr.


Henry Gray est né le 19 janvier 1925 à Kenner en Louisiane et grandit à côté de Baton Rouge, à Alsen. Il apprend le piano dès 8 ans grâce à une voisine, et baigne dans l’ambiance musicale de la Louisiane grâce aux émissions de radio. Quelques années plus tard, il joue de l’orgue et du piano à l’Église de son quartier, et ses parents investissent alors dans un piano. Son père désapprouvant la pratique du Blues, Henry ne peut en jouer que chez sa prof de piano. Son père change d’opinion lorsque son fils ramène, en jouant dans un club à 16 ans, ses premiers cachets. De 1943 à 1946, Henry Gray sert dans l’armée et participe à la seconde guerre mondiale dans le Pacifique Sud. Après la guerre, il retourne quelques mois à Alsen en Louisiane, mais comme il n’est pas fait pour travailler dans les champs, il rejoint Chicago où il commence sa carrière sous l’aile de Big Maceo Merriweather, un pianiste Jazz et Blues influent de Chicago, qui lui ouvre les portes des clubs de Blues de la ville. Il devient musicien de studios dès 1952 et commence d’accompagner de grands artistes comme Little Walter, Bo Didley, Jimmy Reed. En 1956 il devient pianiste du groupe de Howlin’ Wolf et travaille en parallèle comme musicien de studio chez Chess Records, où il accompagne alors tous les grands du Chicago Blues de l’époque. Il y enregistrera 58 disques notamment avec, entre autres de ceux déjà cités, Sonny Boy Williamson II, Homesick James Jr, Billy Boy Arnold, Johnny Shines, Hubert Sumlin, Lazy Lester, Otis Rush, Buddy Guy, James Cotton, Little Milton Campbell, Jimmy Rogers, Jimmy Reed, et Koko Taylor. En 1968, Henry Gray quitte le groupe de Howlin’Wolf et Chicago pour retourner en Louisiane s’occuper de sa maman à Alsen devenue veuve. Henry Grays’ intègre facilement avec son jeu puissant à la scène de Baton Rouge et son swamp blues. Il travaille aussi comme couvreur pour un groupe scolaire de Baton Rouge jusqu’en 1983. À partir du milieu des années 1980 et jusqu’en 2019 Henry Gray participe à toutes les éditions du Festival de la Nouvelle Orléans, et se produit beaucoup en Europe où c’est un habitué du festival de Montreux. Il enregistre sous son nom en 1990 Louisiana Swamp Blues, puis en 2001 Watch Yourself, et Henry Gray Plays Chicago Blues, et en 2003, Henry Gray & the Cats : Live in Paris. Henry Gray participe aussi au film Piano Blues de la série de films édité en 2003 par Martin Scorsese. En 2009 il enregistre le CD Times Are Gettin’ Hard, qui comprend le titre Barack Obama Boogie, en hommage au 1er président noir américain des États-Unis. Henry Gray est introduit au Blues Hall Of Fame en 2015, et enregistre en 2017 un CD, dont le titre 92 correspond à son âge, avec son petit fils. Malgré quelques problèmes de santé Henry Gray continue de se produire jusqu’à son entrée en maison de retraite en octobre 2019. Le pianiste y est décédé le 17 février à l’âge de 95 ans.

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