En 2007, une info sur la restauration réalisée par un ingénieur du son britannique des enregistrements originaux de Robert Johnson était venue aux oreilles de l’équipe de Blues Mag. A l’écoute du résultat, nous avions eu l’impression d’avoir eu les oreilles dépoussiérées par un coup de soufflette, et nous avions naturellement pris contact avec ce magicien du son, Andrew Rose, pour un interview.

Andrew Rose, installé en Dordogne où il a créé sa société Pristine Audio, nous avait alors expliqué sa démarche et les grandes lignes de sa méthode de travail basée principalement sur la restitution de l’équilibre naturel et subtil des harmoniques malmené par la qualité des appareils d’enregistrement de l’époque (1936-1937). Il regrettait néanmoins, dans cet interview paru dans le N° 49 de Blues magazine, de ne pas avoir eu de meilleures sources sonores pour cette restauration (procédé PristineXR) car certaines fréquences nécessaires n’étaient pas suffisamment présentes. Aujourd’hui la situation a évolué au moins pour certains des titres de Robert Johnson, puisqu’Andrew Rose réédite, grâce à de nouvelles sources sonores, une nouvelle restauration de 10 des 29 titres connus de R.Johnson. Ces sources proviennent de la collection de Tom Jacobson, un passionné de Blues de San Diego, qui a fait don de sa collection accumulée au fil des ans à la Bibliothèque du Congrés américain en 2006. Tom Jacobson avait en particulier dans cette collection des disques pressés à la fin des 1950 par Colombia en prévision de la première la réédition de 1961de l’intégrale des titres connus de Robert Johnson. Ces disques avaient été pressés grâce à du matériel obsolète dédié aux disques 78 tours, mais encore disponible. Parmi ces disques, 10 avaient été réalisées sur des supports ultras silencieux à partir des matrices métalliques initiales. Tom Jacobson, avant de céder sa collection à la Bibliothèque du Congrés avait bien pris soin de faire des transferts numériques 24bits/96Khz de très haute définition de ces 10 titres. Il a donné ces fichiers à Andrew Rose qui a ainsi procédé à une nouvelle restauration par traitement numérique grâce à son procédé XR de ces 10 morceaux : cinq de la séance d’enregistrement de 1936 à San Antonio, et cinq de la cession de 1937 de Dallas. Des inconditionnels du « Shellac Noise » trouveront sans doute à redire, car il ne s’agit que de traitement numérique d’enregistrements initiaux et non d’une nouvelle version d’enregistrement. Quoi qu’il en soit le résultat est remarquable. Il a aussi le mérite de conduire à une qualité sonore compatible avec les attentes minimales des jeunes auditeurs d’aujourd’hui, ce qui leur permettra ainsi de découvrir des morceaux à l’origine de leur musique favorite.

Bien entendu, quelqu’un de Blues Mag dont les oreilles avaient été déjà dépoussiérées par la première restauration a écouté ces dernières versions.

Sa réaction a été la suivante : « La vache ! Robert Johnson comme chacun a toujours rêvé de l’entendre… ».

PristineXR