Paul Oliver est né le 25 mai 1927 à Nottingham, en Angleterre. Son père, architecte, déménage toute la famille à la fin des années trente au nord de Londres, Pendant la seconde guerre mondiale, alors qu’il fait les moissons dans un camp de jeunes pour soutenir l’effort de guerre à proximité d’une base militaire américaine, un ami lui suggère d’écouter une musique inhabituelle.

Ce qu’il entend alors le conduira à devenir un des spécialistes du Blues. Dans une interview il explique en 2009 que ce qu’il avait entendu était des Fields Hollers et que, si ce n’était pas réellement du blues, ceci lui avait néanmoins provoqué des frissons dans toute la colonne vertébrale… Fort de cette découverte il s’intéresse dès lors aux origines de cette musique qui le bouleverse. Paul commence des études artistiques. Il s’initie à la sculpture et la peinture mais, à cause d’allergies aux produits utilisés, il s’oriente vers les arts graphiques qu’il enseigne à partir de 1948. Il publie son 1er article sur le Gospel en 1951 pour un magazine de Jazz. À l’époque, le label anglais DECCA édite des disques avec des pochettes que Paul Oliver considère de piètre qualité. Il fait part de son mécontentement à DECCA qui loue ses services comme illustrateur. Sa 1er pochette est celle d’une compilation de blues parue en 1954, Backwood Blues, suivie de notices et des pochettes pour des douzaines d’albums. Il écrit aussi des articles dans lesquels il explore la musique Gospel et les différents types de Blues pour des magazines de jazz. Il édite en 1959 une biographie de Bessie Smith chez Cassel. L’éditeur, satisfait du résultat édite en 1960 son deuxième livre, Blues Fell this Morning. La pertinence de ses premiers écrits lui fait décrocher une bourse du Département d’État et de la BBC pour financer son premier voyage aux USA qu’il fait en 1960. Il y parcourt les villes du Nord, le sud ségrégationniste, enregistre des artistes, prends de multiples photos d’artistes connus, anonymes ou oubliés. Il passe des heures avec Big Bill Bronzy, Sonny Terry et Bronnie McGhee, il interviewe en particulier Lightnin’Hopkins chez lui à Houston. Ce voyage se traduit par le livre The Story of The Blues, qui est considéré comme le premier livre complet sur l’histoire du Blues. Ce livre édité en 1969 retrace par un double album, le développement du Blues de ses racines africaines aux années soixante. Entre temps, il publie en 1965 une centaine d’interviews d’artistes dans Conversation With The Blues, puis explore les multiples influences sur le développement du Blues dans Screening The Blues (1968) et Songters and Saints : African Retention In The Blues (1970). Paul Oliver est aussi l’auteur de Songsters and Saints : Vocal Traditions On Race Records (1984) et de Broadcasting The Blues : Black Blues In segragation Era (1984). Nommé au Hall of fame de la Blues Foundation en 2008, Paul Oliver publie son dernier livre Barrelhouse Blues paru en 2009. L’histoire du blues n’était pas sa profession mais sa passion. Son métier d’architecte l’a conduit à de nombreuses publications sur l’histoire de l’architecture, moins connues du grand public mais tout aussi fournies. Sans doute parce qu’il n’était pas américain, Paul Oliver, a aussi apporté dans ses recherches sur le Blues une rigueur jusqu’ici réservée à la musique classique et aux autres Arts.

Avec son homologue américain, l’historien du Blues Sam Chaters disparu en 2015, Paul Oliver a été un des initiateurs du Blues Revival des années soixante. Sans lui, des artistes comme Mississippi John Hurt, Son House ou Skip James n’auraient pas la notoriété qu’ils ont aujourd’hui. Paul Oliver est décédé le 15 août 2017. Il avait 90 ans.