Texte et photos © Éric Matelski

« Pourquoi j’aime le Blues ? » On peut tous chercher une ou des explications. Pour ma part, en partie parce que l’ami qui m’a appris mes premiers accords de guitare m’a emmené voir BB KING et Buddy GUY, pour mes deux premiers concerts. Ça marque !

Mais je pense plus à une prépondérance reçue pendant mon enfance. Car un frère, plus âgé de 13 ans, me berçait par l’écoute de vinyles des Rolling Stones, de Status Quo, de Chicago, de Led Zeppelin, des Who…. et des artistes présents sur les 3LP du festival Woodstock. Beaucoup d’artistes influencés par le blues. Merci à lui.


Alors quand le centre culturel René Magritte, à Lessines, propose une affiche « A Woodstock Reunite », je ne peux que m’y rendre. La cour de l’ancien hôpital Notre-Dame de la Rose, le premier artiste de la soirée la connaît bien. Car c’est ici que Guy Verlinde venait répéter au début du groupe avec l’ancien bassiste. Selon la critique du pays en 20 ans de carrière : « Guy est devenu la fierté du blues belge ». Malheureusement, une coupure électrique a retardé la montée sur scène d’environ une heure. De ce fait pour respecter le timing, son set a été réduit. Vivement un show complet, car c’est de la dynamite Guy Verlinde & the Mighty Gators. Il a complètement conquis le public en cinq titres. Il a une énergie positive avec un sens du spectacle intuitif. A découvrir si ce n’est fait !
2018 0729 Guy VerlindeGuy Verlinde 2018 0729 Guy Verlinde à lharmoGuy Verlinde à l'harmo

 

Je suis venu pour eux, je les ai tant entendus, sans jamais les avoir vus en live. Ce groupe si cher à Walter De Paduwa qui au départ de Francis Delvaux, a repris l’émission « Classic21 Blues » en plus de la sienne « Dr Boogie ». Chaque lundi soir, le générique électrisant ainsi que le premier morceau de sa programmation est du Canned Heat. Dire que je n’étais pas encore né, à la sortie discographique de leur mythique « On the road again ». Voir Larry Taylor et Fito De La Parra est pour moi un évènement. 
2018 07 29 Canned Heat Larry Taylor Fito de la ParaLarry Taylor & Fito de la Para
Avec l’impression bizarre que c’est une chose naturelle. Un fait écrit quelque part dans les lignes d’un livre. Bien entendu, je suis bien conscient que l’on n’est plus dans les grandes années du groupe. Comme j’aurais aimé connaitre cette époque avec Bob Hite, Alan Wilson sur scène. 
  
Mais nous sommes en 2018, le groupe existe toujours après plus de 50 ans avec la partie rythmique, basse batterie d’époque. Onze titres ce soir. On rentre tout de suite dans le bain avec un tube : On the road again. Au chant et à la guitare John Paulus. Après un premier passage de 5 ans, il est de retour dans le band depuis 2012. Le dernier titre du show est Boogie avec Dale Spelding au chant, à l’harmonica et à la guitare. Il est dans le groupe depuis 2007. Nous aurons le droit pendant ce rappel d’une démonstration des deux pionniers de Canned Heat. Environ deux minutes de basse avec Larry Taylor, suivi par le solo batterie de Fito De La Parra du même timing. Sur Let’s work together, comme sur plusieurs titres, Larry Taylor va prendre la guitare et John Paulus la basse. Avant d’interpréter Going up the country, ils vont nous parler de leur passage à Woodstock en 1969, en concluant par « Peace and love ».

 

2018 07 29 Canned Heat Dale SpaldingDale Spalding 2018 07 29 Canned Heat John PaulusJohn Paulus 2018 07 29 Canned Heat Fito de la Para Fito de la Para

 

Pour terminer cette soirée « revival », de nouveau une formation où il ne reste plus que deux membres d’origine. Depuis 2017, Ten Years After est en tournée avec « 50th Anniversary Tour ». Au clavier, il y a donc Chick Churchill, puis à la batterie Ricky Lee. Depuis 2014 pour les accompagner il y a Colin Hodgkinson à la basse et Marcus Bonfanti à la guitare et au chant. Nous voilà partis pour environ deux heures de show avec 15 titres. Même si Chick Churchill n’a pas l’air d’être dans son assiette ce soir, on va avoir le droit à un show déchirant par la prestation du « jeune » de la bande Marcus Bonfanti.
 
2018 07 29 Ten Years After Marcus BonfantiMarcus Bonfanti
Ce mec nous fait une prestation scénique de feu aussi bien dans l’attitude que par son jeu guitare. Oui, j’ose dire : A en faire oublier la légende Alvin Lee (j’ai eu la chance de le voir en concert en solo, un souvenir gravé).
 
Le concert commence par Land Of The Vandals, extrait du dernier album de 2017 « A Sting In The Tale ». Viens ensuite One of these days, titre inclus dans un album qui a bercé ma jeunesse « Recorded Live ». ça enchaine jusqu’à deux titres en acoustique Don’t want you woman , Losing the dogs. Ricky Lee est au-devant de la scène avec une caisse claire et des balais. Après cela le show va s’emballer avec The Hobbit, Love like a man (mon titre préféré), Good morning little schoolgirl, et I’m going home. Une déferlante rock n’roll. Il y en manque un des tubes ! Rappel oblige : Choo Choo Mama. Mais leur prestation ne s’arrête pas là, on les retrouve quelques minutes après, à quatre, pour une séance de dédicaces qui a duré un bon moment. Le marchandising a très bien fonctionné aussi, comme celui de Canned Heat en rupture.

 

2018 07 29 Ten Years After Ric LeeRic Lee  2018 07 29 Ten Years After Chick ChurchillChick Churchill  2018 07 29 Ten Years After Colin Hodgkinson Marcus Bonfanti C.Hodgkinson & Marcus Bonfanti 

 

2018 07 29 Ten Years After Chick Churchill Marcus Bonfanti Chick Churchill & Marcus Bonfanti

 

Le pari « A Woodstock reunite » est vraiment une réussite. Merci au Centre Culturel René Magritte de Lessines. Il est aussi l’organisateur d’une autre sympathique manifestation pour les amoureux des formes modernes de folk, blues, rock’n roll... mais aussi culinaire, qui se déroule le 1er mai : Roots and Roses Festival.

Quelquefois, je me dis que j’aurais aimé naitre, avec quelques années en moins, pour vivre cette époque musicale de plein fouet.